Enseignants

Bienvenue !

Comme beaucoup d’enseignants, vous cherchez certainement de nouvelles façons de faire, des méthodes novatrices et des conseils pour aider aux mieux vos élèves. Il vous arrive sûrement de rencontrer des enfants qui présentent des troubles des apprentissages et vous ne savez pas toujours comment les aider au mieux? Même si vous êtes sûrement habitué(e) à une méthode en particulier, je vais vous parler d’Apili et vous donner, peut-être, l’envie de l’essayer.

Mon parcours

Originaire de Liège en Belgique où j’ai fait mes études, je travaille en libéral à Soissons dans l’Aisne depuis 2002. Ma femme est orthophoniste également. Nous travaillons dans un cabinet de groupe.

Pendant mes études en Belgique, j’ai eu l’occasion de faire plusieurs stages en milieu scolaire, car les orthophonistes (logopèdes) interviennent aussi dans les écoles. J’ai pu y observer le fonctionnement des classes et certaines méthodes d’apprentissage. J’ai d’ailleurs réalisé à quel point le métier d’enseignant est difficile et exigeant.

Depuis que je travaille en libéral, j’ai toujours entretenu avec les enseignants de ma région des relations étroites, car je suis persuadé que le travail en équipe est le plus efficace. Les informations que nous échangeons sont précieuses. Elles nous permettent  de mieux aider les enfants, en particulier les enfants en difficulté.

Les méthodes de lecture en France, mon constat

Depuis mes débuts en 2002, j’ai toujours demandé à mes jeunes patients de me montrer leur livre de lecture. J’ai souvent été surpris de voir que, dans ma région, très peu d’entre eux avaient un vrai livre. La plupart ont un cahier ou un classeur dans lequel ils collent des photocopies en noir et blanc. Ce sont des photocopies de livres de lecture ou des montages faits par les enseignants.  Sans entrer dans des considérations de copyright, j’ai toujours trouvé dommage que les enfants aient des supports si peu motivants pour un apprentissage tellement important !

Je sais ce que vous allez me dire: les écoles n’ont pas le budget pour des livres. Je le comprends, mais n’y a -t- il pas là un véritable problème de fond? Ne devrait-il pas y avoir un budget spécifique pour l’apprentissage de la lecture?

Concernant les différentes méthodes, encore un vaste débat ! Il y en a des tas et pour tous les goûts. Je n’entrerai pas dans un débat opposant les différentes méthodes. Les méthodes globales ont disparu, fort heureusement. La majorité des méthodes utilisées sont désormais des méthodes dites “mixtes” alliant décodage et reconnaissance globale des mots outils.

Avec les enfants en difficulté, le travail du déchiffrage reste primordial et j’ai voulu pour Apili que l’apprentissage soit syllabique. D’après mon expérience, la reconnaissance globale des mots se met en place spontanément.

Pourquoi avoir développé ma propre méthode de lecture?

Jeune orthophoniste débutant, je me suis trouvé face à des enfants en grande difficulté et complètement démotivés. Les enseignants avaient déjà tenté de les aider de différentes façon, sans résultat. Il m’arrivait de me sentir perdu et impuissant. Bien entendu, j’utilisais à l’époque les gestes de Borel, l’imprégnation syllabiques, les lettres mobiles, la pâte à modeler et divers jeux spécifiques, mais je n’étais jamais vraiment satisfait. C’est alors que j’ai commencé à leur écrire des phrases amusantes. Les résultats ont été spectaculaires puisque ces enfants, auparavant démotivés, essayaient de lire à l’envers ce que j’étais en train d’écrire.

Par la suite, j’ai continué à utiliser l’humour et ai décidé de faire une méthode complète qui puisse me servir au quotidien ainsi qu’à ma femme et à mes collègues. J’ai lu alors les livres de Stanislas Dehaene que vous connaissez certainement, fait des recherches sur l’humour et les apprentissages… Les résultats de ces recherches ont confirmé ce que j’avais expérimenté avec les enfants. L’humour a de nombreuses vertus: il diminue le stress, augmente la motivation, améliore la mémorisation et l’attention. A l’heure actuelle, les troubles de l’attention sont d’ailleurs de plus en plus fréquents et l’humour permet de capter l’attention des enfants.

La lecture des ouvrages de Monsieur Dehaene m’a permis de choisir la progression idéale de la méthode. J’ai ainsi créé un peu plus de 500 phrases respectant ce rythme de progression et ai choisi les images de référence pour les lettres et les sons.

En plus de cela, j’ai voulu ajouter à cette méthode les moyens d’aide les plus efficaces que j’ai pu expérimenter dans ma pratique. Nous les orthophonistes dessinons souvent des bouches pour montrer aux enfants comment s’articulent les sons. J’ai remarqué que l’association des bouches et des lettres était très efficace. J’ai donc voulu que des bouches soient présentes dans cette méthode.

Ensuite, les gestes. Tout le monde connaît l’efficacité des gestes créés au début des années 60 par l’une des fondatrices de l’orthophonie en France, Madame Borel-Maisonny.

Afin de ne pas plagier le travail de Madame Borel-Maisonny et désireux de proposer des gestes très simples, ma femme et moi avons créé une série de gestes qui se sont montrés efficaces avec nos patients.

Nous avons créé les gestes pour les voyelles et les consonnes. Nous n’avons pas trouvé nécessaire de créer des gestes pour les voyelles nasales (an, on, in…) ni pour les grahies semi-complexes et complexes (eau, er…). Les gestes sont surtout très utiles en début d’apprentissage, notamment pour l’acquisition de la combinatoire (f——-a =fa).

Enfin, j’ai tenu à ce que des conseils aux adultes jalonnent la méthode. L’apprentissage de la lecture est généralement le travail des enseignants. Cependant, les parents que je reçois me demandent très souvent des conseils pour aider leur enfant. Ils ont peur de mal faire, pensent qu’ils n’en sont pas capables. Les conseils permettent à tout adulte d’aider un enfant qui apprend à lire. Je pense que ces conseils permettent de créer le lien entre le travail fait en classe et le travail fait à la maison.

 

 

Apili, c’est joli?

Comme vous vous en doutez, afin de créer une méthode attractive pour les enfants, il me fallait des beaux visuels. J’ai longtemps utilisé mes dessins faits à la main, mais pour un réaliser un ouvrage de qualité, c’était impensable. D’autant plus je suis un dessinateur médiocre:). J’ai donc fait des recherches pour trouver l’illustrateur rêvé et je l’ai trouvé ! J’ai découvert le travail de Rémy Tornior en parcourant des pages et des pages d’illustrations sur google. Je l’ai contacté par l’intermédiaire de son agent, il a été séduit par le projet et il a parfaitement compris ce que j’attendais de lui. Quelques mois plus tard, il m’a envoyé les premières illustrations que j’ai utilisées avec mes jeunes patients. L’association des phrases humoristiques et des illustrations de Rémy s’est révélée d’une redoutable efficacité. Les enfants me réclamaient sans cesse des nouvelles phrases et des nouvelles images.

L’humour a de nombreux avantages, je les ai cités plus haut. Je dois cependant ajouter que l’humour a encore d’autres atouts. Il permet à l’enfant de travailler sans s’en rendre compte. En effet, je dois souvent dire aux enfants: “ça y est il est l’heure, il faut arrêter de lire, la séance est terminée”. De plus, l’humour encourage l’enfant à tenter de comprendre à tout prix ! Même les enfants les plus en difficultés font tout pour comprendre ce qu’ils lisent. Apili nous assure d’ailleurs que l’enfant est au maximum de ses capacités.  Il permet également à l’adulte de se rendre compte du niveau de compréhension de l’enfant. Les phrases humoristiques augmentent les interactions entre l’enfant et l’adulte. Il permet donc de travailler son imagination, son sens de l’implicite (pourquoi est-ce arrivé, que va -t- il se passer ensuite?) et le langage oral, le vocabulaire…

Si vous décidez d’utiliser Apili, j’aimerais beaucoup avoir votre retour, qu’il soit positif ou négatif. Cela me permettra de l’améliorer pour la prochaine édition. N’hésitez pas à nous écrire à l’adresse suivante: [email protected]

Merci !