Face à un enfant en difficulté, 15 attitudes positives à adopter

21 mars 2021

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the teacher screams at the little schoolgirl. little girl with a closed book sitting at a desk in the classroom

18h, l’heure des devoirs a sonné. Votre fille est assise à la table de la salle à manger, son exercice de maths sous les yeux. Le menton posé sur sa main, elle est aussi motivée que si elle devait désherber le jardin.

Votre petit dernier joue aux voitures dans le salon, vous profitez de ses bruits et autres vrombissements.

Il est temps de préparer le dîner, vous êtes fatigué de votre journée et aimeriez vous poser dans le canapé. Pourtant, il faut surveiller le petit, préparer le repas et aider votre aînée qui n’aime pas les maths.

Au départ, vous tentez de l’aider tout en coupant maladroitement des oignons. Vos yeux piquent et vous avez du mal à lire l’énoncé. Vous vous dites que si votre fille était douée pour les maths, en cinq minutes, les devoirs seraient terminés.

Ce n’est pas le cas, vous sentez cette boule au ventre qui commence à monter. Malgré vos explications, votre fille ne comprend pas et commence à pleurer.

Vous haussez le ton, votre fille pleure de plus belle et vous commencez à crier. Allons, ce n’est pourtant pas si compliqué ! Une petite addition ! Même ton petit frère en serait capable ! Comment est-ce possible !

Votre fille pleure toujours, vous l’envoyez prendre sa douche. C’est alors que ce sentiment désagréable de culpabilité pointe son nez. Vous auriez aimé agir autrement, mais c’était plus fort que vous, vous étiez incapable de vous contrôler.

Cette situation, je suis sûr que bon nombre d’entre vous l’a vécue. Je pense aux parents bien sûr, mais également aux enseignants et aux professionnels. Nous sommes tous concernés.

C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de vous proposer 15 attitudes efficaces à mettre en place avec les enfants.

1) Rester calme

Commençons par le plus évident. Il est impératif de rester calme et de ne pas crier. La situation citée plus haut est tellement courante. Elle est source de stress pour l’enfant et peut même entraîner des traumatismes à long terme.

Pour le parent qui se met en colère, elle entraîne de la culpabilité, le sentiment de ne pas être à la hauteur.

Lorsque vous sentez que la colère monte, fermez les yeux, prenez-en conscience et éloignez-vous de l’enfant. Passez la main à votre conjoint ou remettez les devoirs ou l’activité à plus tard.

Sachez qu’on a souvent plus de patience avec les enfants des autres qu’avec nos propres enfants.

N’hésitez pas à demander l’aide d’un autre adulte si possible.

2) Parler avec votre enfant de ses difficultés

Lorsque je reçois un enfant pour la première fois en bilan, je lui demande toujours ce qui est difficile pour lui. J’aime qu’il puisse me dire les choses qu’il aimerait améliorer. Il doit se sentir écouté et compris, sans aucun jugement de ma part.

Après l’avoir écouté, je lui explique que mon métier est justement de l’aider à s’améliorer.

Avec votre enfant, il est important de ne pas minimiser ses difficultés et d’en parler ouvertement. Il faut essayer d’en parler avec une certaine neutralité. Ne pas le dire avec une tête d’enterrement 🙂

Nous pouvons également parler de nos propres difficultés. J’explique souvent à mes patients que je n’étais pas bon en mathématiques lorsque j’étais enfant. Je leur dis que moi aussi, lorsque j’étais enfant, j’avais certaines difficultés scolaires.

Reconnaitre les difficultés de votre enfant, mais aussi et surtout…

3) Le valoriser pour ses aptitudes et qualités

Tous les enfants, quelles que soient leurs difficultés, sont bons, voir excellents dans un ou plusieurs domaines.

En orthophonie (logopédie), je demande toujours aux enfants ce qu’ils aiment faire, dans quel domaine ils sont bons… Je les valorise beaucoup pour leurs talents.

Avec vos enfants, c’est pareil, il est indispensable de découvrir et de connaître leurs talents et leurs goûts.

Laissez-leur du temps pour les développer.

Je vois tant d’enfants qui ont une dyslexie sévère, une dysorthographie ou des difficultés en mathématiques et qui ont des talents merveilleux.

Je pense à Léa, trisomique, qui connaît toutes les dates des anniversaires de sa famille et de ses amis. Maelys qui présente un gros retard de langage et qui fait des dessins magnifiques, Jade qui souffre de dyslexie sévère et qui est si douée en natation…

Mettons l’accent sur les talents de nos enfants !

Attention toutefois à ne pas tomber dans l’excès inverse qui consisterait à dire en permanence à nos enfants que tout ce qu’ils font est incroyable. C’est un peu la tendance aux Etats-Unis. Ils sont dans l’ “hyper félicitation” et cela a un côté néfaste sur le développement des enfants.

Les enfants peuvent s’imaginer à tort qu’ils réussiront tout ce qu’ils entreprendront… Une fois confrontés à la réalité, la déception peut être immense.

Parlons avec honnêteté des difficultés et des aptitudes de nos enfants.

Ce qui nous amène à parler de la persévérance qui leur servira toute leur vie.

4) L’entraînement : nécessaire pour s’améliorer, l’importance de la persévérance

J’explique toujours aux enfants qu’il est nécessaire de s’entraîner pour progresser. Je prends l’exemple des grands sportifs qui s’entraînent tous les jours, qui dorment bien, qui mangent des repas équilibrés…

Lorsqu’on a des difficultés dans un domaine, il faut s’entraîner, parfois beaucoup, pour progresser, à l’instar des grands sportifs.

Si l’enfant face à moi est doué pour le dessin, je lui explique que si je voulais être aussi bon que lui, j’y arriverais peut-être, mais il faudrait que je m’entraîne beaucoup aussi !

Cet entraînement est donc indispensable et demande de la persévérance ! Une qualité essentielle pour les enfants qui leur servira également à l’âge adulte.

Je pense d’ailleurs que les enfants en difficulté sont particulièrement courageux et persévérants.

Ce qui m’amène au conseil suivant…

5) ne pas dire : “il / elle n’est pas assez volontaire”

Voici une phrases que j’entends très souvent ! “Il progresse, mais il n’est pas assez volontaire !”.

Ah là là, quand j’entends ça, c’est moi qui ressens la petite boule au ventre 🙂

Je garde mon calme et explique aux parents que les enfants en difficulté sont très courageux. Ils évitent la lecture ou l’écriture ou les maths, car ils savent que ce domaine les met en difficulté. Ce n’est pas par paresse.

Les enfants préfèrent toujours réussir qu’échouer. Quel enfant échouerait volontairement ?

Il est plus facile d’aimer un domaine pour lequel on est doué, plus facile de travailler un morceau de piano quand on adore ça, plus facile d’écrire un texte quand on ne fait pas une faute à chaque mot.

Certains aiment prendre leur temps, rêver parfois, mais cela fait partie de leur personnalité et nous devons le respecter.

Je suis persuadé que les enfants font généralement de leur mieux et sont fiers de réussir.

Je suis sûr que votre enfant fait preuve d’une grande volonté pour les activités qu’il affectionne dessin, sport, musique …

6) Ne pas dénigrer, stigmatiser

I do not want to do homework. The girl with an indifferent glance sits at the table, propping her head in her hand, while her father screams at her

En communication non violente, on dit souvent qu’il ne faut pas stigmatiser les autres, que ce soit négativement ou même positivement.

L’idéal serait d’observer les faits sans émettre de jugement sur la personne.

Je trouve cela très difficile !

Je pense que l’essentiel est de ne pas stigmatiser les enfants négativement.

Ne pas leur dire “oh toi tu es mauvais en maths”, “toi tu es mauvais en lecture”, “toi, tu ne connaîtras jamais tes tables”…

C’est pourtant ce que j’ai vécu enfant. On m’a toujours dit que j’étais nul en maths. Pourtant, par la suite, à l’âge adulte je me suis rendu compte que je calculais très vite mentalement, que j’avais développé ma propre façon de retenir les tables.

J’aurais pu être bon en maths si un professeur avait pris le temps de m’expliquer les choses autrement, j’en suis convaincu.

Un enfant peut présenter des difficultés à un moment donné, mais il va progresser, évoluer.

Qui dit qu’il sera en difficulté toute sa vie en lecture ? Qui dit qu’il n’écrira jamais correctement ?

Personne ne peut le savoir. Je connais tant d’exemples qui prouvent le contraire.

Attention aux étiquettes ! N’enfermons pas les enfants dans un rôle défini !

Je pense également aux enseignants et aux professionnels

La maîtresse de CE1 de mon fils Victor l’appelait l’escargot, car il faisait les choses lentement.

Un jour, une stagiaire est arrivée en classe. La maîtresse a présenté Victor et a dit : voici Victor, l’escargot de la classe. Cette remarque l’a profondément blessé.

Lorsqu’il me l’a expliqué, je lui ai rappelé qu’il était particulièrement doué pour la course à pied. En effet, chaque année il termine premier au cross de son école. J’ai ajouté: “tu en connais des escargots qui courent aussi vite que toi ?”.

Cela a suffi à faire passer cette remarque négative, mais il lui arrive encore de me dire qu’il est lent. Il continue à se considérer comme “lent”.

Ces remarques ont donc un impact à long terme sur les croyances de l’enfant.

Que ce soit avec notre enfant, notre élève ou notre patient, ne le stigmatisons pas !

En le faisant, nous diminuons ses chances de réussite et l’enfermons dans une case.

7) Utiliser le renforcement positif

Nous les orthophonistes le savons bien. Encourager les enfants, souligner leurs progrès même s’ils sont minimes, est très efficace.

Lorsque je reçois un enfant en orthophonie, mon objectif est multiple : qu’il soit content de venir me voir, qu’il progresse et qu’il passe un bon moment. De cette manière, je sais qu’il reviendra la prochaine fois avec le sourire.

Comment ?

Je souligne ses réussites, ses progrès, je lui explique gentiment ses erreurs, mais j’insiste beaucoup sur le positif. S’il n’y arrive pas, je le rassure en lui disant qu’il y arrivera plus tard.

Comme toujours, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse qui consisterait à ne pas reconnaître les difficultés de l’enfant et à positiver à outrance.

Un savant mélange de positivité et de réalisme 🙂

Une autre idée efficace est de confier à l’enfant un objet qui l’aide et le rassure. Cela peut être une petite peluche à mettre dans sa trousse, un porte clé, un collier ou un bracelet Apili 🙂

Ces objets peuvent augmenter la confiance de l’enfant et l’encourager à persévérer.

8) Si l’enfant ne comprend pas, à nous d’expliquer différemment

Lorsqu’un enfant ne comprend pas une nouvelle notion, je dis souvent. “Ne t’inquiète pas ce n’est pas de ta faute. C’est à moi de mieux te l’expliquer, ou différemment. On va essayer autre chose.”

En tant qu’adulte, on peut se remettre en question et avouer notre impuissance face à certaines difficultés, impuissance passagère, mais parfois bien réelle.

Cela montre à l’enfant que les adultes peuvent aussi faire face à des difficultés.

Cela m’amène naturellement au conseil suivant :

9) Faire des pauses

dad and son playing football at park

Lorsque vous sentez que votre colère monte, que votre enfant est trop fatigué ou que ça ne fonctionne pas, faites une pause !

Proposez-lui une activité qu’il aime, laissez-le jouer un peu et revenez au travail scolaire plus tard.

Au pire, son exercice ne sera pas fait pour le lendemain. Mieux vaut cela que des cris, des pleurs et de la frustration.

10) Les devoirs ne durent pas des heures !

Nous connaissons tous des parents qui veulent tant aider leur enfant qu’ils le font travailler pendant des heures le soir après la classe.

Pour un enfant dys, une journée d’école est éprouvante. Ils rentrent souvent fatigués.

Il est donc évident que les devoirs ne doivent pas durer plus de 30-40 minutes maximum pour les enfants de 6/7 ans.

Merci pour eux 🙂

11) Croyez en lui, dites-lui qu’il va réussir.

Sans doute une des phrases que je dis le plus à mes jeunes patients : “Tu vas y arriver”

Je la leur dis en les regardant dans les yeux, en y croyant profondément.

Cela ne peut que leur donner confiance et les encourager à s’entraîner, à être persévérant.

Sachez que ce que vous dites à votre enfant a beaucoup de chance de se réaliser.

Si vous dites sans cesse à votre enfant des choses négatives, qu’il est paresseux, qu’il est mauvais en maths, qu’il lit mal… il y a fort à parier pour qu’il soit effectivement tel que vous le décrivez.

Le contraire est vrai. N’hésitez pas à le valoriser et à l’encourager. Vos paroles positives peuvent le transformer.

J’en ai fait l’expérience à de nombreuses reprises avec mes patients. Certains d’entre eux ont fait des progrès auxquels personne ne s’attendait.

Je suis persuadé qu’une attitude encourageante, positive et bienveillante peut avoir plus d’impact que le type de remédiation proposé.

12) Enlever la pression, dédramatiser

Nous avons parfois tendance à dramatiser la situation, car nous voulons le meilleur pour nos enfants. Cependant, il me semble important de baisser la pression que nous leur mettons.

Nous pouvons leur expliquer qu’il y a des solutions pour les aider s’ils n’y arrivent pas.

Par exemple, il existe des logiciels qui lisent les textes, des logiciels de dictée vocale, des calculatrices pour les mathématiques, des robots ménagers qui calculent les quantités…

Avoir des difficultés d’apprentissage ne signifie pas que l’enfant est face à des barrières insurmontables. Il y a certes des barrières, mais des tas de solutions existent pour les franchir ou les contourner.

Ceci est d’autant plus vrai à notre époque où les troubles des apprentissages sont de mieux en mieux détectés et reconnus. De plus, nous pouvons profiter pleinement des avancées technologiques.

13) Ne pas comparer

Il faut éviter de comparer votre enfant à un autre enfant de sa classe ou à un frère ou une soeur. Chaque enfant rencontre des difficultés, a des talents, des défauts et des qualités.

La comparaison avec d’autres enfants peut être une vraie source de souffrance.

Valorisons la richesse unique de chaque enfant.

14) Donner des exemples d’adultes qui ont eu des difficultés d’apprentissage

J’explique souvent aux enfants qu’une de mes amies est chirurgien pour chevaux, qu’elle opère des chevaux malades ou blessés. Généralement ils ouvrent de grands yeux, car ils aiment beaucoup les animaux.

J’enchaine en leur disant que mon amie était comme eux quand elle était enfant. Elle est dyslexique et dysorthograhique. A l’école, elle avait d’importantes difficultés, mais également beaucoup de courage et de volonté.

A force de travail et portée par sa passion pour les chevaux, elle a progressé, s’est améliorée et a travaillé plus que les autres pour y arriver. Maintenant, elle peut être fière de son parcours et elle est heureuse de faire le métier dont elle rêvait depuis toujours.

De nombreux personnages célèbres étaient dyslexiques : Albert Einstein, Isaac Newton, Gallilée, Louis Pasteur, Carl Lewis, Magic Johnson, Winston Churchill, J.F Kennedy, Napoléon, Benjamin Franklin, George Washington, Léonard De Vinci, Michel-Ange, Picasso, Mozart, Beethoven, Agatha Christie, Ernest Hemingway, Walt Disney, Tom Cruise, Steven Spielberg, Luc Besson, Robie Williams, Harrison Ford, Prince Charles, Prince William…

Laissez votre enfant rêver, imaginer ce qu’il aimerait faire plus tard. Ne le limitez pas avec vos propres croyances.

15) Rire avec l’enfant en difficulté

Ce n’est pas pour rien si j’utilise l’humour depuis des années dans ma pratique. J’ai vite pris conscience que le rire motive les enfants, les rend plus attentifs, plus persévérants. Il est également efficace pour réduire leur stress.

C’est une des raisons pour lesquelles la méthode de lecture Apili fonctionne si bien avec les enfants en difficulté. Ils en oublient qu’ils “travaillent”, qu’ils fournissent d’importants efforts.

Le plaisir prend le dessus sur les contraintes.

A la maison, profitez de toutes les occasions pour rire avec votre enfant. Ces moments procurent du plaisir et développent votre complicité avec eux.

En classe, de nombreux enseignants font rire leurs élèves. Eux aussi savent à quel point c’est important.

Après ces conseils, deux histoires à méditer…

Thomas Edison

Thomas Edison

Je sais que de nombreuses personnes connaissent son histoire, mais il est toujours intéressant de se la remémorer.

Thomas Edison, né en 1847 et mort en 1931 fut un grand inventeur et scientifique américain. Il est l’un des pionniers de l’électricité, du cinéma, de l’enregistrement du son, inventeur du téléphone et de la fameuse ampoule à filament, plus jeune journaliste indépendant des Etats-Unis…

Il est également le fondateur de la première compagnie d’électricité aux USA. Vous l’aurez compris, T. Edison était un génie.

Fraîchement immigré du Canada à Port Huron (Michigan), alors qu’il n’avait que 7 ans et après seulement trois mois d’école, le jeune Thomas fut renvoyé. Le directeur de son école lui remit une lettre qu’il devait remettre à sa mère.

Rentré chez lui, il donna cette lettre à sa mère qui la lut en silence devant lui. Les larmes dans les yeux, elle lui expliqua que son professeur ne pouvait plus rien lui apprendre, car il était trop intelligent, qu’il lui fallait une éducation adaptée à son potentiel.

A compter de ce jour, c’était sa mère, ancienne institutrice, qui se chargerait de son instruction.

Sa mère, refusant de croire que son fils était un malade mental ou un idiot, se chargea de son éducation le matin et le laissa expérimenter toutes sortes de choses les après-midi.

La suite de l’histoire, nous la connaissons bien

Thomas Edison a déposé plus de 1000 brevets et a fait avancer l’humanité dans bien des domaines.

Des années plus tard, après le décès de sa mère et fouillant dans un tiroir, Thomas retrouva la lettre de son professeur. Il était écrit : “Votre fils est un malade mental, nous ne pouvons plus l’accepter dans notre école. Vous devrez prendre en charge son instruction ou le placer dans un enseignement spécialisé”. Thomas était un enfant très actif qui posait de nombreuses questions.

Sa mère, grâce à ses paroles positives, a changé le cours de l’histoire.

L’effet Pygmalion ou effet Rosenthal et Jacobson

Robert Rosenthal psychologue

L’effet Pygmalion (de la mythologie grecque) est une prophétie auto-réalisatrice qui provoque une amélioration des performances d’un sujet, en fonction des croyances de son environnement.

Cet effet a été découvert par Robert Rosenthal, psychologue américain.

Première expérience : les rats

Sa première observation du phénomène, il l’a réalisée alors qu’il faisait une expérience avec des rats. Il confia à des étudiants des rats qu’ils allaient entraîner à parcourir un labyrinthe.

Certains étudiants reçurent un rat soit disant sélectionné pour ses qualités exceptionnelles et d’autres reçurent un rat quelconque et probablement incapable de parcourir le labyrinthe.

Dans la réalité, les rats furent distribués au hasard.

Les prédictions imaginaires de Rosenthal se réalisèrent. Les rats soit disant doués exécutèrent la tâche avec succès et certains rats quelconques ne franchirent même pas la ligne de départ 🙂

Les analyses ont démontré que les étudiants qui avaient des rats soit disant exceptionnels leur ont manifesté de la gentillesse, de l’attention, de la chaleur humaine et inversement pour les autres.

Seconde expérience : les enfants d’un quartier défavorisé

En 1965, Rosenthal et Jacobson ont réalisé une expérimentation similaire avec des enfants à San Francisco. Cette fois, les chercheurs comptaient sur les attentes des maîtres.

Ils choisirent une école d’un quartier défavorisé. Les élèves passèrent des tests de QI.

Ils n’utilisèrent pas les résultats de ces tests mais distribuèrent aléatoirement des résultats aux enfants. 20% de ces résultats mettant en évidence un QI faussement surévalué.

Ils s’arrangèrent pour que les enseignants lisent les résultats de ces tests.

A la fin de l’année, les chercheurs firent repasser les tests de QI aux enfants. Ceux qui s’étaient vu obtenir un QI faussement surévalué en début d’année ont obtenu une note supérieure aux autres élèves.

Que devons-nous en penser ?

En croyant qu’une personne possède certaines caractéristiques, nous changeons notre comportement face à cette personne. De cette manière, cette personne peut être amenée à posséder ces caractéristiques. Positives ou négatives…

Bien évidemment, cet effet pygmalion n’explique pas tout, mais il est intéressant d’en prendre conscience.

Conclusion

Si vous avez eu le courage de lire jusqu’ici, vous aurez compris à quel point votre attitude est déterminante pour votre enfant. Elle peut même changer sa vie !

Je suis admiratif lorsque je vois tous ces parents qui aident et encouragent de toutes leurs forces leur enfant en difficulté.

En particulier, je le vois si fréquemment chez les parents d’enfants handicapés.

Cette liste d’attitudes à adopter peut bien évidemment être prolongée.

A vous de jouer !

Et vous, quelle attitude positive et efficace avez-vous expérimentée ?

Benjamin Stevens

apili.fr

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7 Commentaires

7 Commentaires

  1. marielle ducere

    Bonjour
    Je vous suis reconnaissante de parler de l’effet Pygmalion ! Je suis aujourd’hui une grand mère ,retraitée ,ayant enseigné toute ma carrière à des élèves” déclassés ” , en classes de perfectionnement ,en rased . Quel bonheur de voir ces enfants venir à nouveau à l’école ,souriants, confiants ,simplement pour leur avoir prêté une oreille à l’écoute ,bienveillante, les avoir encouragés dans leurs progrès, les avoir soutenus dans leurs doutes …
    J’ai informé ma fille ,enseignante à son tour, de vos parutions . Comment procéder pour lui transférer cet article ?

    Réponse
    • Benjamin Stevens

      Bonsoir Madame. Merci pour votre gentil commentaire. En effet, vous décrivez très bien cet effet avec vos élèves “défavorisés”. Pour y arriver, il faut parvenir à ne pas juger les enfants au premier regard. Il faut s’attacher à leur potentiel et les aider à croire en eux. Vous avez changé la vie de ces enfants j’en suis persuadé 🙂

      Pour votre fille, le plus simple est de lui envoyer le lien de la page https://apili.fr/face-a-un-enfant-en-difficulte-15-attitudes-positives-a-adopter/

      Cordialement,

      Benjamin

      Réponse
  2. Christiane

    Bonsoir.

    Je vous remercie pour votre article que je trouve fort intéressant. Je suis logopède et formatrice auprès d’enseignants en Belgique et en France. Lors de mes formations ou conférences j’ai toujours à cœur de mettre les participants en situation de “dys” … Je trouve que cela aide beaucoup à comprendre et surtout à développer de la bienveillance et de la patience envers ces enfants, adolescents et même adultes en difficultés.
    Belle continuation à vous !

    Réponse
    • Benjamin Stevens

      Merci ! Se mettre à la place de l’enfant, faire preuve d’empathie est tellement important. Très intéressant de mettre les participants en situation de dys 🙂

      Réponse
  3. Richard

    Bonjour,
    je suis enseignante dans l’Aisne en REP+et m’occupe d’une classe de CE1 dédoublée. J’ai donc un petit nombre d’élève en classe et cela me permet de prendre en compte les difficultés de chacun, de connaitre parfaitement mes élèves et de les aider au mieux. Votre méthode Apili a permis à 4 d’entre eux, en difficultés de lecture, d’entrer dans ce monde merveilleux des mots et des histoires. Nous rigolons beaucoup tous les 5 en lisant vos phrases. Les enfants adorent les dessiner et progressent de jour en jour avec cette méthode. Ils sauront lire à la fin de l’année et c’est super. Ils seront autonomes!!!
    Je vous remercie vraiment pour cette méthode géniale et tous vos conseils pour accompagner nos élèves.
    Cordialement
    Mariette Richard

    Réponse
    • Benjamin Stevens

      Merci pour votre message qui me touche beaucoup ! Votre travail a un impact considérable sur ces enfants et avec une méthode efficace c’est parfait :))

      Vous passez avec eux de bons moments, cela crée un environnement propice aux apprentissages, c’est idéal !

      Réponse
  4. BURY

    Bravo! Super article!! J’ai acheté le manuel et le jeu Aplili et j’en suis ravie! D’ailleurs, votre approche rejoint beaucoup le courant de la gestion mentale qui se base sur la révélation des potentialités de chaque personne. Merci pour ce blog qui donne du baume au coeur et qui rassure.

    Réponse

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